Interview – imaginaire – de Jacques Lévy, géographe, par Caroline Roux présentatrice de l’émission « C dans l’air » sur France 5 : il analyse pour nous la géographie du mouvement social des « Gilets jaunes » qui se déroule en France depuis la mi-novembre 2018.

Caroline ROUX : Bonjour, bienvenus dans l’émission « C dans l’air », avec sur notre plateau le géographe Jacques Lévy, spécialiste de géographie politique, professeur à l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne et lauréat du prix Vautrin-Lud en 2018, équivalent du Nobel en Géographie.

Jacques LEVY : Bonjour à toutes et tous.

C.R. : certain politique et personne du peuple pensent que les « Gilets jaunes » représentent la périphérie pauvre contre la métropole riche. Qu’en pensez-vous ?

J.L. : On ne peut pas dire que ce soit vrai car on peut constater que les personnes en difficultés financières se trouvent dans les banlieues comme dans les périphéries. En effet, 85 % des pauvres habitent dans les centres et les banlieues des grandes villes. On peut donc dire que les métropoles ne sont pas entièrement riches.

C.R. : Et sinon, certains disent qu’ils se trouvent dans la diagonale du vide, comme l’affirme Hervé Le Bras, démographe, dans une interview donnée au journal Sud-Ouest le 22 novembre 2018. Est-ce véridique ?

J.L. : Effectivement, dans la « diagonale du vide », se trouve un fort taux de « Gilets jaunes ». Cela peut s’expliquer par un sentiment d’abandon car c’est une zone fragile, où les Services Publics, les commerces locaux disparaissent ou ont disparus.

C.R. : Merci, d’être venu sur ce plateau. A bientôt. Merci de nous avoir écouté.

Source d’inspiration : article paru dans le magazine L’Obs, le 29 novembre 2018, « Gilets jaunes » : le dessous des cartes, par Jacques Lévy.

R.B. et Enza.